Nouba Mdjenba et bouquet de roses

     
     
 

Concert de Beihdja Rahal à Alger

Nouba Mdjenba, le nouvel album de la chanteuse Beihdja Rahal, a été présenté pour la première fois au public, mardi soir, à la salle El Mougar d'Alger.

Les fans de Beihdja Rahal se sont regroupés autour d'elle, mardi soir à la salle El Mougar ; à Alger, pour la dédicace de son nouvel album dédié à la nouba mdjenba sorti par Belda. Des admirateurs venus assister au premier concert de promotion de cet opus avec lequel la chanteuse andalouse fait redécouvrir les beautés cachées de cette nouba, assez peu connue du grand public.

«La mdjenba fait, bien sûr, partie des douze noubas existantes, comme sika, zidane, mezmoum, ghrib, etc. J'ai déjà enregistré les douze noubas. En 2003, j'ai commencé l'enregistrement de la deuxième série des noubas, d'où l'appellation mdjenba 2», nous a déclaré Beihdja Rahal avant le concert, organisé par l'Office national la culture et de l'information (ONCI).

Le premier album de la nouba mdjenba est sorti, en 2004, chez Cadic. L'artiste a choisi d'ouvrir son album avec un inqilab en mode jarka, Sayidi anta al wassila et une touchia en mode raml. «Il est connu que l'inqilab ne fait pas partie de la nouba. La nouba est composée d'un m'saddar, d'un btaihi, d'un derj, d'un insiraf et d'un khlass. Si on ajoute l'inqilab, c'est pour embellir la nouba. Idem pour la touchia», a précisé Beihdja Rahal.

Selon elle, il est préférable d'enregistrer et d'interpréter à chaque fois les inqilabate et les touchias, car ils font partie du patrimoine andalou algérien. «On risque de perdre les touchias et les inqilabate si on ne les joue pas dans les concerts ou si on ne les enregistre pas. C'est pour cela que je choisis toujours d'ajouter un inqilab ou une touchia dans mes albums. En 1995, j'ai enregistré une touchia zidane. La touchia raml n'était pas très connue. D'où mon choix de l'introduire dans le nouvel album», a précisé l'artiste.

Accompagnée de Abdelhadi Boukoura et Djamel Kebladj à l'alto, Rafik Sahbi au qanoun, Mohamed El Amine Belouni et Nadji Hamma au oud, Mansour Brahimi à la snitra, Khaled Ghazi au tar, et Sofiane Bouchafa à la derbouka, Beihdja Rahal a interprété l'ensemble de la nouba dont le m'saddar Yaftin bi lahdihi (Séduit avec son regard), le btayhi Qalbi hassal meskin (Mon cur souffre) et le dardj Sfarat shamssou el ashiya : «Le soleil du soir, d'or est teinté. Projetant ses lumières dans toutes les allées ; approchez les coupes de l'ivresse et ayez pitié d'un pauvre amant !» est-il dit dans ce dardj aux effluves romantiques.

Elle termine la nouba avec une série d'insirafate notamment Qalbi man youridak : «Ô mon coeur, celui qui te désire, satisfais toutes ses envies, et veille au serment d'amour de celui qui t'est fidèle ; Mais celui qui s'éloigne de toi, évite sa compagnie.» De la poésie bachique mêlée à des mélodies raffinées et interprétées avec brio par Beihdja Rahal.

Les musiciens, rencontrés après le concert, ont tous salué le professionnalisme et le sérieux de la chanteuse, elle qui déploie de grands efforts pour préserver le patrimoine arabo-andalou de l'Algérie en enregistrant et en revisitant les douze noubas depuis vingt ans. «La musique andalouse est un patrimoine national. Il appartient à l'ensemble des Algériens.

Il est vrai qu'il existe trois écoles de l'andalou en Algérie : le malouf à Constantine, la sanaâ à Alger et le gharnati à Tlemcen. Mais la musique andalouse n'est pas la propriété de ces trois écoles. Au Maghreb, cette musique est également un patrimoine partagé», a soutenu Beihdja Rahal.

Avec l'aide de l'ONCI, Beihdja Rahal sera en tournée dans l'ouest du pays. Elle donnera des concerts à Relizane, Mostaganem, Mascara et Tlemcen.

En début de soirée, la diva a reçu un bouquet de roses pour son anniversaire. Le public n'a pas raté l'occasion de lui chanter «joyeux anniversaire». «Habituellement, c'est moi qui chante. Ce soir, c'est le public qui chante pour moi», a-t-elle lancé avec humour.

 

Fayçal Métaoui
"EL WATAN" jeudi 10 juillet 2014