Nouvel album de Beihdja Rahal  
     
     
 

Sonorités : Beihdja Rahal consacre, une fois encore, à la musique et à la chanson arabo-andalouses, un nouvel enregistrement.

Cette fois-ci, il s'agit d'un double album, disponible sur le marché, et ce, au grand bonheur des mélomanes et autres amoureux de la musique andalouse. Ce nouvel opus, par lequel le patrimoine arabo-andalou est revisité dans sa richesse et sa diversité, a pour titre Sur un air de nouba.

Beihdja Rahal s'est assigné depuis plusieurs années la mission de mener un travail minutieux et recherché de sauvegarde de cet héritage, et ce, à travers l'enregistrement, un moyen sûr et pérenne de le sauvegarder et de le léguer aux générations futures.

L'album comprend deux noubas, à savoir mdjenba et mezmûm. Et l'originalité, c'est que chacune, à savoir chaque CD, est accompagnée d'un livret contenant les explications sur la nouba, des traductions des poèmes chantés en français, par Saâdane Benbabaâli pour la première nouba, et Farouk Tazerouti, pour la seconde. La traduction en anglais est signée Reena Khandpur. Les pièces interprétées, toujours avec cette voix, celle de Beihdja Rahal, chaude et captivante, sont également accompagnées d'un texte sur l'art de la nouba, par Jessie Magana, le portrait de la chanteuse, par Rabah Mezaoune, ainsi que deux présentations, une générale par Hadj Omar Bensemmane, et une autre, de la nouba mdjenba, par l'artiste.

D'une nouba à l'autre, Beihdja Rahal, qui, dans l'interprétation des deux noubas, se distingue par une profonde sincérité, comme par une réelle subtilité dans le toucher musical, le tout chargé d'émotion, touchant le cur en proie au lyrisme, chante dans la pure tradition arabo-andalouse. Le but est de préserver cette sensibilité originelle de la nouba, par laquelle tout l'imaginaire musical est reproduit dans la beauté et la grandeur des mots, c'est-à-dire dans une verve poétique inaltérable. A noter qu'avec cet album Sur un air de nouba, Beihdja Rahal, qui, à chaque enregistrement, porte la musique arabo-andalouse, une musique savante, précieuse et raffinée, au firmament de son expressivité poétique, ne compte, semble-t-il, pas s'arrêter certainement en si bon chemin.

Elle nous a habitués presque tous les ans à la sortie d'un nouvel album. Il est bon de préciser que Beihdja Rahal est considérée comme la première femme interprète à avoir enregistré les douze modes de la musique andalouse, qui jusque-là relevait du domaine des hommes.

Beihdja Rahal a débuté sa carrière artistique, après une formation musicale approfondie, au sein de l'ensemble classique Es-Sendoussia avant d'entamer sa propre ascension en solo. C'est d'ailleurs par cette manière de toucher les curs et d'abreuver la sensibilité que Beihdja Rahal s'évertue à élargir l'audience de la musique classique algérienne à d'autres cultures.

Installée en France, l'artiste donne des concerts dans les pays européens, tout en contribuant, par son talent, à faire connaître, à faire aimer et à fidéliser l'andalou auprès de publics différents. Le résultat des travaux de Beihdja Rahal et la qualité de l'exécution et de l'enregistrement sont le produit d'un long travail où le sérieux et la minutie le disputent à la passion et à l'amour.

 

Yacine Idjer
"INFOSOIR" mardi 8 février 2011