Un voyage au cur de la musique andalouse  
     
     
 

Les fans et mélomanes de la musique savante belle et pure, l'andalou, étaient bien au rendez-vous dimanche soir dernier au palais de la culture, Moufdi Zakaria. Une foule nombreuse s'est déplacée pour voir, apprécier et redécouvrir encore une fois les capacités vocales et déguster les textes des différentes noubas interprétés par la diva de la chanson andalouse, Beihdja Rahal, l'une des plus belles voix de la musique arabo-andalouse algéroise, la çanaa.

Le concert est inscrit dans le cadre du programme spécial Ramadhan, tracé par les responsables du palais de la Culture. Comme à l'accoutumée, la chanteuse, en tenue traditionnelle, a fait une entrée «artistique», remarquable et propre à elle. Luth à la main, elle a salué l'assistance et les musiciens qui l'accompagneront tout au long de la soirée. Cette «escapade» ramadhanesque dans l'univers des noubas a permis aux spectateurs d'assister à un véritable concert de musique classique.

En effet, la musique arabo-andalouse est une musique savante, très riche et classique. S'y ajoute la voix éclatante, nette et cristalline de l'ancienne élève des maîtres Khaznadji et Fakhardji. Ainsi, l'artiste a plongé durant près de deux heures les passionnés de ce genre musical dans «diar» (maisons) El Andalous d'antan, dans le monde poétique de l'amour, et de la spiritualité.

Dès qu'elle s'est  mise en place, au milieu de ses musiciens, luth entre ses bras face au micro, Beihdja Rahal semblait être dans un autre monde. Grâce à sa voix qui suivait les vibrations des cordes de son instrument, elle a su captiver le public, vite tombé sous le charme, qui écoute et apprécie le verbe.

La plupart des spectateurs sont d'un certain âge, et familiarisés avec ce genre musical. En somme, c'est un public d'initiés, connaisseurs et respectueux de l'art. Cela apparaît à travers l'attitude des spectateurs puisqu'ils étaient plutôt calmes et savaient intervenir, en applaudissant au bon moment. C'est dire que c'est un public qui a du goût et qui sait apprécier ce genre de spectacle.

C'est avec Essalat aala nabina que la soirée s'achève, sous les youyous et une salve d'applaudissements. Les spectateurs se lèvent et offrent une seconde ovation à Beihdja Rahal et à son orchestre qui ont fait de la soirée un réel événement culturel. A la sortie, le dernier album (CD) de la chanteuse se vendait sur place. La seule fausse note de la soirée a été une coupure d'électricité et l'absence d'air conditionné dans la grande salle du Palais de la culture, mais Beihdja Rahal a su faire oublier à ses fans ces petits désagréments.

En profitant simplement de ce moment de coupure de courant pour présenter les musiciens qui l'accompagnaient, dont Djamel Kabladj, au violon, Amine Belouni à l'aoud, Djihad, Rabah et Sofiane à la derbouka... La cérémonie s'est déroulée dans une ambiance conviviale.

 

Tassadit Lazili
"LA TRIBUNE" mardi 23 septembre 2008