L'union franco-algérienne invite Beihdja Rahal à Dreux

     
     
 

Rencontre

Pour son quatrième dîner-débat l'association invite la voix de la musique andalouse. Une tradition porteuse de la nostalgie d'un âge d'or. Une fois n'est pas coutume : ce sera une chanteuse.

L'Union Franco-Algérienne a pris l'habitude depuis plusieurs années d'organiser une soirée à thème. L'idée est de se retrouver autour d'un bon repas, avec un invité et d'échanger sur des thèmes de société ou historiques.

Samedi 9 décembre, c'est une chanteuse qui sera l'invitée d'honneur. Beihdja Rahal est considérée comme la diva de la musique andalouse. Quand on évoque la musique classique orientale, on pense immédiatement à Oum Khalthoum, la grande chanteuse égyptienne qui fait encore pleurer le public des années après sa disparition.

 

Elle fait vivre une tradition du IXe siècle

Mais Beihdja Rahal pratique un art bien antérieur : « Une tradition qui remonte au IX e siècle », explique-t-elle avant de préciser que « l'andalou se joue forcément avec des instruments traditionnels tels que le târ, la derbouka, le 'ud, le violon, la kouitra et son exécution imposent le respect total de ses règles, de son harmonie, de ses rythmes et de sa ligne mélodique ».

Si la chanteuse née en Algérie, bercée dans cette tradition et formée dès son jeune âge par les plus grands maîtres de la discipline est appréciée pour son talent d'interprète, son rôle ne s'arrête pas là.

Elle consacre toute une partie de sa vie à faire connaître cette tradition, elle transmet cet art aux jeunes générations. « J'ai fondé également une association Rythmeharmonie qui donne des cours de musique arabo-andalouse pour les adultes, à Paris ».

 

« Cet âge d'or où les trois religions cohabitaient »

Ce n'est pas un hasard si l'UFA a choisi d'inviter Beihdja Rahal. Pour la beauté de la voix et de cette musique à la fois envoûtante et nostalgique. Mais aussi pour le symbole qu'incarne le style andalou : à l'heure où les tensions communautaires se réveillent, à l'heure où la défiance à l'égard de l'Islam grandit, le souvenir de l'Andalousie arabe revient mettre un peu de baume au cur des défenseurs de la fraternité.

L'artiste, elle-même, parle de cet âge d'or « où les trois religions cohabitaient en paix ». Une époque sans doute idéalisée et mystifiée. Mais qui sera une réalité le samedi 9 décembre au soir.

Débat: Samedi 9 décembre 2017, à 18h30, à l'espace Paul-Bert.

 

Valérie Beaudoin
"L'ECHO REPUBLICAIN" samedi 25 novembre 20
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