L'artiste nous fait découvrir la Dlidla  
     
     
 

Un nouvel album de Beihdja Rahal dans les bacs

Un nouvel album de la grande interprète de la chanson andalouse Beihdja Rahal sera dans les bacs dans quelques jours en Algérie. Il s'agit d'un nouvel enregistrement de nouba hsine édité par la maison d'édition Belda que l'artiste a choisie depuis des années pour ses albums.  L'album sera accompagné d'un livret de poèmes en langues arabe et française, traduits par Benbabaali. «C'est le fruit de six mois de préparation et trois semaines d'enregistrement», a déclaré hier Beihdja Rahal lors d'une conférence de presse organisée à la salle El Mouggar.

A l'instar de la nouba enregistrée dans cet album, le public découvrira une interprétation  de la Dlidla. Il s'agit d'une Dlidla Djarka interprétée entre les deux insirafs, a indiqué l'artiste. «Après plusieurs recherches, j'ai découvert que la Dlidla est un poème en langue dialectale qui existait déjà dans les écoles de Tlemcen, de Constantine et même celle d'Alger, mais elle a été oubliée. Ainsi, elle n'est faite que pour enrichir et embellir la nouba», a-t-elle expliqué.

Beihdja Rahal a ajouté dans le même sillage, que «tous les membres de l'orchestre font des recherches sur les nouba inédites afin de pouvoir donner quelques chose de nouveau au public». «Je pense qu'il n'est pas suffisant d'interpréter ce qu'on a entre les mains,  il faut faire des recherches approfondies pour sauver les textes de l'oubli», poursuit-elle.

L'album commence par un inquilab Djarka qui est une nostalgie par rapport à Garnata, un Msaddar Hsine, Btaihi Hsine, Istikhbar Araq, Dardj Hsine, Insiraf Hsine, Dlidla Djarka, un deuxième insiraf Hsine. Pour la fin, l'artiste a choisis deux khlass hsine intitulés Mâtattaqi Allah et Saltak ya badiî echabab.

Concernant l'organisation des ateliers et l'enseignement de la musique andalouse en Algérie, Beihdja Rahal a regretté que les écoles de musique n'aient pas répondu favorablement à sa demande, mais elle s'est montrée très satisfaite de son travail en France. «Je donne des cours de musique andalouse pour enfants et adultes ainsi que des cours de mastère à l'université de Nancy et cela me prend tout mon temps avec les recherches que j'entreprends», a-t-elle déclaré.

Elle est aussi membre fondateur et enseignante à l'association Rythmharmonie. Cependant, elle a émis le vu d'enseigner en Algérie, tout en précisant que «notre patrimoine est très riche et mérite d'être protégé de l'oubli»

Il est à noter que Beihdja Rahal a beaucoup contribué dans la sauvegarde de  la musique andalouse à travers l'enregistrement de 21 albums. La première série de noubas a été clôturée par une nouba en 2004 et dans ce dernier album qui vient de voir le jour est présente la sixième nouba de la deuxième série.

Pour le public de Beihdja Rahal en Algérie, une tournée artistique sera organisée par l'Office national de l'information dans plusieurs villes du pays.  Quant au public français et européen, il pourra assister à des spectacles le 11 mars à Nancy, le 23 mars à l'Institut du monde arabe de Paris, le 19 avril en suisse et le 26 juin prochain au Centre culturel algérien de Paris.

 

A. S.
"LE JOUR D'ALGERIE" jeudi 23 février 2012