Elle a présenté musicalement son dernier opus

     
     
 

 

Beihdja Rahal s'est surpassée dans cette 27e édition

Le choix pour Beihdja Rahal a été porté, cette fois-ci, sur une nouba Mezdj Maya-Rasd Eddil qu'elle a gravée sur son dernier album, le 27e, lequel a été présenté au public mardi soir à la salle El Mouggar d'Alger.

Ce fut de vrais moments de joie et de plaisir. Toujours fidèle à sa tradition, Beihdja Rahal a toutefois dérogé quelque peu cette fois à la règle, celle de chanter in extenso le contenu de son album. Ayant jugé trop rébarbatif de jouer la touchia Maya ainsi que le msadar du même mode en raison de la courte durée de la soirée, elle les a superbement remplacés par un inqilab dans le mode moual au titre de Him fi el khila'â (laisse-toi aller dans le bien-être de ce monde).

Le reste du programme n'a pas été changé. Un btaïhi Rasd Eddil : «Ma yehla chorb el oûqar illa bil habib» (la boisson n'a de saveur qu'en compagnie de ma bien-aimée), a été merveilleusement roucoulé surtout que le mode Rasd Eddil est connu pour ses inclinaisons sur les autres modes voisins pour en faire de suaves mélodies.

Beihdja Rahal enchaînera la suite des mouvements de la nouba jusqu'aux khlassates à l'image de celui intitulé : «Leyssa li fi eddouniya» (je n'ai de plaisir dans la vie que si je vois ma bien-aimée me rendre visite).

Le second programme qui ne figure pas dans son album est un aroubi bit ou siah qui a pour titre Dha'â sabri (j'ai perdu patience), du poète et non moins mufti, l'imam Mohamed Benchahed (1737-1844). Cette poésie est une réponse à celle de son ami, l'imam Mustapha Ben El-kbabti (1775-1860), qui a été exilé en 1842 par les Français en Alexandrie, et ce, pour s'être opposé à la suppression des Habous des mosquées ainsi qu'à l'introduction de la langue française dans les écoles d'enseignement coranique.

D'Alexandrie, l'imam Ben El-kbabti a composé une poésie au refrain «ya hmama 'ânali oue'êmel djmil fiya (ô colombe accepte de porter mon salut à l'Algérie), un poème devenu l'hymne national à cette époque.

Enfin, Beihdja Rahal clôturera son concert par une autre poésie d'anthologie de Sidi Lakhdar Benkhelouf appelée el Khazna Segheira.

 

Mohamed Belarbi
"LE SOIR D'ALGERIE" samedi 2 juin 2018