Beihdja Rahal, l'icône de la musique arabo-andalouse, honorée par l'ONDA

     
     
 

En hommage à son investissement pour la sauvegarde de ce patrimoine musical ancestral : Beihdja Rahal, l'icône de la musique arabo-andalouse, honorée par l'ONDA.

L'interprète de musique arabo-andalouse Beihdja Rahal a été honorée par l'Office national des droits d'auteur et droits voisins (ONDA) à l'occasion de la sortie de son coffret, contenant 27 albums, ainsi que pour son investissement pour la sauvegarde de ce patrimoine musical ancestral.

Beihdja Rahal, accompagnée de la troupe musicale de l'Association des beaux-arts d'Alger, a gratifié le public du Théâtre national algérien (TNA) de quelques extraits de cette nouba magnifique, notamment en ouvrant le bal avec une sika, puis aroubi, avec les titres «Ya layem aâlach tloum» et «Mahboubi Tal Dj'fah», clôturant avec «El khazna sghira», et, dans le genre madih, «Ya Habibi Ya Mohamed».

La chanteuse révèlera, en marge du spectacle, «c'est un honneur pour moi, de recevoir ce bel hommage. Cela m'encourage à continuer et à persévérer dans ce travail de préservation du patrimoine, car cela n'est pas évident. J'ai commencé à enregistrer les noubate andalouses, en 1995, et ce n'est pas encore au point».

Elle ajoutera que «ce qui est essentiel, c'est que les gens ont aimé et demandent d'autres albums. Ce que j'ai d'ailleurs fait. Il y a eu même des années où j'ai sorti deux noubate en même temps. J'essaie d'accélérer dans le rythme d'enregistrement et, d'ailleurs, j'ai pu, l'année dernière, enregistrer mon 27e album. Cela reste juste une étape».

«Nous avons préservé ce patrimoine. Pendant des années on parlait de 24 noubate, mais après avoir effectué des recherches, nous avons constaté qu'il n'y avait que douze noubate. Pour celles qu'on dit être perdues, nous n'avons aucune trace ni preuve. Dans ce cas, on ne parlera que de ces douze existantes. On arrive, avec nos moyens actuels à préserver plus et mieux qu'avant», a-t-elle déclaré.

Elle expliquera à ce propos que «dans les siècles passés, la transmission se faisait seulement de maître à disciple. Aujourd'hui, des associations ont vu le jour et plusieurs élèves prennent le relais, ce qui multiplie cette transmission traditionnelle».

Pour Beihdja Rahal, c'est vrai qu'«aujourd'hui, on voit des coffrets de musique andalouse sortir, mais c'est l'interprétation qui est importante. Il faut qu'on la préserve qu'on essaie de rester fidèle à ce qu'on nous a appris. Certes, il y a des chanteurs qui veulent moderniser cette musique, c'est bien, mais, d'autre part, il faut préserver le patrimoine ancestral».

«La relève est assurée par des jeunes talents, à l'exemple de la troupe de l'Association des beaux-arts d'Alger, qui m'a accompagnée ce soir. Aujourd'hui on trouve plusieurs associations qui travaillent à promouvoir ce patrimoine et cela dans la plupart des wilayas. Cela prouve aussi que ce patrimoine n'appartient pas qu'aux villes citadines ou côtières, mais plutôt à tous les Algériens, c'est un patrimoine national», ajoutera-t-elle.

 

Une tournée nationale cet été.

La chanteuse nous confiera qu'en partenariat avec l'ONDA, cet été, elle fera une tournée nationale afin de promouvoir sa musique de cur. «Avec l'ONDA, nous avons décidé de faire tout le territoire national au mois d'août prochain. C'est vraiment un rêve d'arriver à faire les 48 wilayas, car Alger et les autres grandes villes ne sont pas l'Algérie. Il faut partager avec les autres villes cette musique qui est aussi la leur.».

Elle ajoutera que c'est une fierté pour elle d'interpréter cette musique en France où elle a créé l'association Rythme Harmonie. «Nous avons commencé avec une seule classe, en 2008, aujourd'hui nous sommes arrivés à trois classes, avec 50 élèves et où j'enseigne. Chaque année, nous accueillons un nouveau niveau, nous sommes aujourd'hui à trois, nous avons des Algériens, beaucoup de Marocains et même des Français», affirmera-t-elle.

 

Fadila Djouder
"REPORTERS.DZ" mercredi 29 mai 2019