La Nouba M'djenba 1

 

 

 

 Editions CADIC

 

 

Ce disque comporte les morceaux suivants:

1 . Inqilab Zidane: Ahabba qalbi dhabya'n tourki
. . . . . . . . . . . . . (mon cœur s'est épris d'une gazelle de Turquie)

2
. M'cedar M'djenba: Qoum ya habibi
. . . . . . . . . . . . . (lève-toi mon amour et entends le langage du rossignol)

3
. B’taîhi M'djenba: Law kan el milah younsifou
. . . . . . . . . . . . . (ah! si les gracieuses dames pouvaient rendre justice)

4
. Istikhbar Zidane: Nadhari ila waj'hi l'habibi
. . . . . . . . . . . . . (lorsque je contemple le visage de mon bien-aimé)

5
. Dardj M'djenba: Seltek ya badiê echabab
. . . . . . . . . . . . . (je te demande Ô jeune beauté)

6
. Insiraf M'djenba: Mali chamoul
. . . . . . . . . . . . . (mes tristes larmes font office de vin)

7
. Insiraf M'djenba: Sabet qalbi
. . . . . . . . . . . . . (mon cœur est subjugué)

8
. Insiraf M'djenba: Dir el qatiê
. . . . . . . . . . . . . (prépare les coupes!)

9
. Khlass M'djenba: Ya toura in kan taôud
. . . . . . . . . . . . . (revivrons-nous ces beaux jours?)

10
.Qadriya M'djenba: Hadjeb mâa khouh
. . . . . . . . . . . . . (tes sourcils jumeaux font de l'ombre à tes yeux)

 

 

1. inqilab Zidâne: ahabba qalbî

Mon cur s'est épris d'une gazelle de Turquie,
Sa joue, couleur de rose, a la senteur du musc ;
Elle a des yeux pour rire et les miens sont pour pleurer.
Ses regards ont attisé les feux de ma passion.
Je lui ai dit : ô ma gazelle, aux yeux si noirs
Sois généreuse et à tes lèvres laisse-moi boire
Et tes dents de perles laisse-moi admirer.
Elle se ploya comme un tendre rameau
Puis me jeta un regard et me repoussa
Alors que ses yeux clairs causaient mon trépas.
Tout doux, ma gazelle, lui dis-je, tes yeux m'ont asservi,
Tu es la reine des belles, alors prends soin de tes sujets.

 

2. M'saddar: qum yâ habîbî

Éveille-toi, mon amour et écoute le rossignol
Répandre son chant dans le jardin
Où toutes les fleurs sont réunies ;
Le lys et la giroflée ont enlacé la guimauve
Et l'églantine se pavane parmi les feuillages ;
L'aube point et jette ses rayons à l'horizon.

 

3. Btayhî: law kân al-milâh yansifû

Ah ! Si les belles pouvaient être équitables
Et avoir de la compassion pour un amoureux comme moi
Elles sauraient alors ce que j'ai enduré
A cause de l'amour que je leur porte.
Apportez les coupes de vin,
Et abreuvez-moi du jus de la vigne !
Nul reproche pour cette coupe que je tiens
Et pour le vin partagé au soir finissant.

 

4. Istikhbâr Zidâne: nazarî ilâ wadjhi al-habîb

Je contemple le visage de mon bien-aimé avec tendresse,
Alors que la séparation avec lui me fait tant souffrir.
Moi qui n'avais aucune pitié pour les amants,
Me voici aujourd'hui amoureux et objet de compassion.

 

5. Dardj: sâltak ya badî al-shabâb

Dis-moi, jeune fille à l'incomparable beauté
Quelle est la raison de tant de cruauté ?
L'abandon est une dure souffrance
Après l'amour et l'espérance.
Cesse donc de me blâmer
Et viens renouveler le serment de fidélité.
Le passé est fini et révolu
Aujourd'hui les pactes sont renoués.
Quel bonheur ! L'aimé de mon cur est consentant,
Lumière de mes yeux, lune annonçant ma félicité.

 

6. Insirâf: mâ-lî shamûl

Pour toute boisson, je n'ai que mes peines et mes chagrins,
Et pour unique mélange, mes larmes abondantes.
Par Dieu ! ce qu'il a déversé comme pleurs
Cet amoureux que torture son ardente passion.
C'est une gazelle qui a causé sa mort.
Il est victime d'un coup de lance
Celui qui, entre le désespoir et l'espérance
Est passé de vie à trépas.

 

7. Insirâf: sabat qalbî

Ô mes amis, elle a envoûté mon cur
Celle qui brille comme un soleil et surpasse toutes les gazelles
Le destin me fait vivre aujourd'hui les affres du doute.
Ah ! si je n'avais connu ni l'amour, ni la passion.
En elle, il y a la lumière et la clarté mais aussi l'absence
Mon bien-aimé se délecte de tout ce qui advient.
Émouvoir l'indifférente est une tâche si dure.
Aux soupçons, je préfère la mort ;
Tantôt vainqueur, tantôt vaincu,
Mon cur est torturé et je ne trouve point de consolation.

 

8. Insirâf: dir al-qatî

Fais tourner les coupes et sers la petite gazelle, lumière des curs
Alors que le soleil décline vers le couchant ;
Sers-nous à boire du vin
Alors que rougeoie le soleil du soir
Et nous mène doucement vers la nuit.
Sers à boire à tous les convives et bois aussi
Alors que le soleil décline vers le couchant.
Bois à la lumière de l'astre,
Parmi les arbres aux hautes futaies
C'est le printemps, la saison de la joie qui ressuscite les curs ;
Nous avons partagé nos coupes
Alors que le soleil déclinait vers le couchant.

 

9. Khlâs: yâ turâ in kân taûd

Ah ! Si les jours heureux pouvaient revenir
Et si nous pouvions encore être unis ;
Nous profiterions de la joie passée
Et nous aurions parmi nous les sept redoublés.
Le tambourin, le luth, le rabab et la flûte
Nous tiendraient compagnie
Ainsi que la guitare et la boisson, fille de la jarre.

 

10. Qâdriyya: hâdjib maa khûh

Le sourcil au sourcil accordé,
Elle a recouvert ses yeux de beauté.
L'amour au fond du cur est bien gardé
Mais il brûle ma poitrine de ses brasiers.
Ses yeux ont fait du charme leur prisonnier
Quant à sa taille que Dieu la préserve !

 

Traduit de l'Arabe par Saadane Benbabaali

 

Les musiciens:

. Nadji Hamma: Luth
. Tarik Hamouche: Kuitra & Qanoun (cithare)
. Youcef Nouar: Mandoline
. Djamel Kebladj: Alto
. Lyès Boukoura: Alto
. Mohamed El Amine Belouni: Luth
. Abdelhalim Guermi: Ney (flûte)
. Belkacem Sisaber: Tar (tambour sur cadre)
. Mourad Taleb: derbouka

 

Chorale féminine:

. Amina Belouni
. Meriem Boulahchiche

 

Direction artistique & technique: Bouabdellah Zerrouki.