La Nouba Mezdj Maya-Rasd eddil

 

 

 

 Editions OSTOWANA

 

 

 

 

Ce disque comporte les morceaux suivants:

1 . Touchia Maya ..05'04''
2
. Mceddar Maya: Afiq min nouâssi ..09'43''
3
. Btaihi Rasd Eddil: Mâyahla chourb al-ouqâr ..11'34''
4
. Derdj Maya: Qoum yâ habib ..07'38''
5
. Istikhbar Maoual: Kaliftou bi-badrin ..04'49''
6
. Derdj Rasd Eddil: Mâlatach-chams ilâ l-ghouroûb ..10'05''
7
. Insiraf Maya: Aliftou al-boukâ ..09'21''
8
. Insiraf Rasd Eddil: Ghouzayyalî ahyaf ..07'17''
9
. Khlass Rasd Eddil: Ittaqi Allah ..02'36''
10.Khlass Maya: Laysa li fi d-dounya ..05'04''

 

 

2. Mceddar Maya: Afiq min nouâssi

Emerge de ton songe à la clarté vive des chandelles.
Échanson, remplis ma coupe, écoute le chant du rossignol.
Sers les convives à la ronde, au déclin des étoiles.
Les souffles du matin embaument, les chandelles vont à leur fin.

Enivré d'un vieux nectar, j'entends le rossignol chanter :
Ma Dame aux belles boucles,
Mon amour pour vous s'en va toujours recommençant.
Échanson, remplis mon verre aux accents de l'oiseau du matin.

Kamel Malti

 

3. Btaihi Rasd Eddil: Mâyahla chourb al-ouqâr

On n'a plaisir à boire qu'en compagnie de sa belle,
Quand la voix grave du «rebeb» souligne la sagacité du chant,
L'ère des plaisirs est brève, consomme-la dans la douceur et la joie,
Sous un dais de verdure fleurie, échangeons nos coupes ;
Et moi, éternel amoureux, j'aime toute joyeuse compagnie.

Kamel Malti

 

4. Derdj Maya: Qoum yâ habib

Lève-toi, mon bien-aimé et profite de ce moment de joie
Au grand dépit de l'espion jaloux: c'est ce qu'il y a de mieux à faire.
Rends-moi visite, toi qui sais guérir mon mal, et laisse dire les censeurs ;
J'aime en toi tes cils très longs et tes beaux yeux au noir prononcé ;
Le destin m'est enfin favorable ô chandelle qui m'éclaire !

 

5. Istikhbar Maoual: Kaliftou bi-badrin

J'aime passionnément un astre dont l'éloignement a amaigri mon corps
Et qui a allumé un puissant brasier dans ma poitrine.
Grand est mon malheur à cause d'une belle fuyante et sans pitié pour moi ;
Patience, ô mon pauvre cur, face aux flammes du brasier qui te consument !

 

6. Derdj Rasd Eddil: Mâlatach-chams ilâ l-ghouroûb

Ô Amants, le soleil décline à l'horizon,
Éclatant de beauté comme un nouveau marié ;
Avec ses derniers feux, Dieu éclaire, à l'heure du couchant,
Les frondaisons et les cimes des arbres des jardins.

Combien de malheurs le soleil efface quand il se lève,
Redonnant vie à toutes les âmes; uvre de Dieu Tout-Puissant,
Le Grand et Celui qui est Le plus Haut ;
C'est Lui qui décide de nos destins
Lui l'Omniscient qui est à l'écoute de nos prières.

 

7. Insiraf Maya: Aliftou al-boukâ

J'ai tant pleuré l'absence de mon bien-aimé que je m'y suis habitué ;
Le feu de la passion m'a fait perdre toute patience :
Voyez comme mes larmes coulent sans fin ;
Mon corps a dépéri et mon coeur est consumé
Par les braises de ton amour au fond de ma poitrine ;
À mes yeux, elle a interdit tout sommeil ;

Mes craintes ont augmenté, les envieux se sont réjouis ;
Et mon corps amaigri est devenu si pâle.
Dans la coupe de l'amour, je n'ai bu que son indifférence
Et à cause de ma passion, j'ai été abreuvé d'humiliations.

Autrefois, nous partagions ensemble
De magnifiques réunions de plaisir, e t au son des cordes du luth,
Nous goûtions, à toute heure, toutes sortes de chants :
Je sentais alors mon âme fondre de bonheur.

J'ai essayé de cacher mon secret, mais je suis impuissant ;
Les nuits d'amour se sont évanouies sans laisser de traces.
La joie de vivre, reviendra t-elle bientôt ?
Te verrai-je alors près de moi, lumineux comme un astre ?

Je ne peux supporter le mal qui brûle ma poitrine
Et dont l'ardeur augmente à mesure que ta visite s'éloigne ;
Les larmes qui coulent de mes yeux m'ont ôté toute conscience,
Ma gazelle m'a brûlé au fer rouge de son indifférence :
Celle que j'aimais m'a quitté, c'est cela la vérité,
Et mon cur ne connaît pourtant d'autre but que sa demeure.

On m'a servi à boire et j'ai bu tout mon malheur :
Et j'ai vu alors que la séparation est une véritable humiliation,
Le sommeil a quitté mes yeux à jamais.

Dieu est Celui qui entend et Il est Celui qui répond,
Et moi je reste ferme dans ma patience ;
Ton doux visage a déserté mon cur affligé,
Je passe toutes mes nuits à pleurer et à sangloter.

 

8. Insiraf Rasd Eddil: Ghouzayyalî ahyaf

Ma tendre gazelle est toute grâce et ses yeux langoureux.
Délicate et charmante, elle irradie le jour.
Ses lèvres ont un goût de miel, élixir de vie.
Un grain de beauté ajoute à l'éclat de son visage ;
Et ses yeux ont la couleur sombre du crépuscule.

Kamel Malti

 

9. Khlass Rasd Eddil: Ittaqi Allah

Ne crains-tu pas Dieu, ô bourreau de mon coeur ?
Amaigri est mon corps, n'en rajoute pas à mon malheur ;

Nul n'a fait ce que mon ignorance m'a fait faire,
Libre j'étais, me voici désormais esclave soumis ;

À chaque porte je vais crier ma peine :
Ô mes amis, de ma bien-aimée je subis la tyrannie !

 

10. Khlass Maya: Laysa li fi d-dounya

Ma vie n'a de sens que lorsque mon bien-aimé me rend visite
Et qu'il remplit ma coupe après que j'ai rempli la sienne.
Quand, en l'absence de l'espion jaloux, le sort nous favorise
En réalisant mes désirs et en rendant ma vie agréable.

L'amour a pris possession de mon cur,
Lève-toi compagnon et allons boire ensemble !

Dis-moi, je t'en conjure, pour quelle raison
T'es-tu éloigné de moi ? Sans aucune faute de ma part ;
Tu as laissé mon cur dans la frayeur.

L'amour m'impose son pouvoir,
Ô mon Dieu ! Il n'y a d'issue que dans la patience ;
Les puissantes flammes que tu as attisées
Brûlent tout au fond de mes entrailles.

L'amour a pris possession de mon cur,
Lève-toi compagnon et allons boire ensemble !

 

Traduit de l'Arabe par Saadane Benbabaali
sauf pour les poèmes où a été mentionné le nom de mon maître Kamel Malti, rahimahou Allah

 

Les musiciens:

. Mohamed El Amine BELOUNI: Oud
. Nadji HAMMA: Oud
. Rafik SAHBI: Qanoun
. Mansour BRAHIMI: Mandoline
. Djamel KEBLADJ: Alto
. Abdelhadi BOUKOURA: Alto
. Halim GUERMI: Ney
. Haroun CHETTAB: Rebeb
. Sofiane BOUCHAFA: Derbouka
. Khaled GHAZI: Tar

et Beihdja RAHAL à la Kouitra.

 

Enregistrement numérique : Studio Aminoss (Fev 2018)
Ingénieur du son : Amine Hamerouch
Direction artistique : Beihdja Rahal
Traductions de la poésie : Saadane Benbabaali
Maquillage : Fatiha Rahmani
Photos : On Air Studio
Conseils : Hakim Benouali
TT : 73'14"

En collaboration avec le ministère de la culture et remerciements à Monsieur le ministre de la culture, Azzedine Mihoubi