La Nouba Raml 1

 

 

 

 Editions LAZER

 

 

1 . Inqilâb zidane: yâ badî' al-housn
2
. Msaddar Raml: yâ raqbat al-ballâr
3
. Btayhî Raml: haraqa al-danâ mouhdjatî
4
. Istikhbâr zîdâne: aroumu al-liqâ'
5
. Dardj Raml: lâsh toufâkir
6
. Insiraf Raml: yâ 'ouyoûn al-rîm
7
. Insiraf Raml: rânî nahwâk
8
. Insiraf Raml: yâ shabîh dayy al-hilâl
9
. Khlas Raml: yâ mouqâbil
10
.Khlas Raml: yâ nâs djarat lî

 

 

1. Inqilâb zidane: yâ badî' al-housn

Toi dont le charme est sans pareil :
Ô croissant de lune, par une nuit obscure,
Luisant au sein d'un nuage,
Tes rayons sont couleur d'or.

Accepte l'union avec l'amant affligé
Qui de ton amour est toujours privé.
Et tant la séparation a miné mon corps
Que mes larmes coulent et coulent encore.
Ô gazelle qui me fixes de ton regard,
Toi, la lumière de mes yeux,
Tu m'as fait perdre patience
Car à toi, jour et nuit, je pense.
À cause de toi, mon secret s'est divulgué
Où est donc ce que je voulais cacher ?

Je te compare à la lune parfaite
Dans la nuit la plus obscure.
Même les Pléiades sont jalouses de toi
Gloire à Celui qui t'a créée !
Tes yeux décochent des flèches magiques
Qui mettent les coeurs en pièces.
Dans la nuit obscure, tu lances
Ta lumière si intense.
Coquette et injuste, tu as troublé.
Mon pauvre cur si affligé.

 

2. Msaddar Raml: yâ raqbat al-ballâr

Ton cou a la finesse du cristal
Ô Lumière de mes yeux !
Les flèches de tes cils
Dans ma poitrine se sont plantées.
Ô ma belle, accorde l'union,
Ô mon astre, sois clément !
Le jour où tu me rendras visite
Je serai enfin heureux et comblé
Ô ma vierge, mon hôte adorée,
Cesse donc d'être injuste !

 

3. Btayhî Raml: haraqa al-danâ mouhdjatî

Le mal d'amour a consumé mon âme
Et le sommeil m'est interdit ;
Avec son épée et la pointe de sa lance
L'objet de ma passion a accru ma souffrance.
Ô Lumière de mes yeux
Le mal d'amour a anéanti mon corps.

Toi dont la taille est celle d'un tendre rameau
Tu ne cesses de me torturer ;
A cause de tes yeux impudents
Je suis anéanti, ô ma désirée !
A cause de tes yeux impudents,
Je suis anéanti, malheur à moi !

Tes yeux langoureux
Font souffrir mon cur attristé !
A toi je me soumets, fidèle à nos serments
Et j'accepte mon destin,
Sur mon front écrit ;
J'obéis à ta volonté en esclave soumis
Tu es pour les amants une dure épreuve.

Tu m'as abandonné sans raison ;
Par Dieu, dis-moi quelle faute ai-je commis ?
A cause de tes yeux impudents
Je suis anéanti, ô ma désirée !
A cause de tes yeux impudents,
Je suis anéanti, malheur à moi !

 

4. Istikhbâr zîdâne: aroumu al-liqâ'

Je désire ardemment la rencontre
Mais l'éloignement en a décidé autrement ;
Mes yeux ne vous verront donc plus jamais ?
Mais je reste toujours fidèle à notre serment
Je n'ai point d'autre amie que vous.

 

5. Dardj Raml: lâsh toufâkir

Ô soleil du soir,
Pourquoi me rappelles-tu le passé ?
Quand à l'horizon tu disparais,
Je me consume et crie : "non ! assez !"
Comment patienter,
Alors que mon cur est si affligé ?

Mes larmes, sur mes joues
Coulent abondamment.
S
oleil du crépuscule,
À peine es-tu là, que déjà tu disparais !

 

6. Insiraf Raml: yâ 'ouyoûn al-rîm

Ô ma belle aux yeux de gazelle,
Pourquoi tant de cruauté ?
Pourquoi es-tu si fière et coquette ?
Vivre loin de sa bien-aimée,
Qui peut le supporter ?
Tous les amoureux ne savent que faire,
Ils sont désarmés.
Ah si je pouvais lui envoyer
Un complice intelligent !

Mais de nos jours, il n'y a plus de messagers
Ni d'âmes secourables pour les amants affligés.

 

7. Insiraf Raml: rânî nahwâk

Je t'aime, ô ma belle
Et tu es si cruelle !
Tu cherches un autre que moi
Alors que je suis plein d'égards pour toi
La coupe que je t'ai servie
Est une coupe de vin clair.

Ne te laisse pas tromper par les fleurs du laurier
Car, comme disent les sages dans leurs écrits,
Ce qui est amer, jamais ne deviendra sucré.

 

8. Insiraf Raml: yâ shabîh dayy al-hilâl

Tu as la splendeur de la lune
Quand elle se meut parmi les astres !
Ô toi qui as le regard de gazelle, dis-moi :
Es-tu un être humain ou bien un ange ?

Dis-moi, astre resplendissant,
Toi qui séduis tous ceux qui te voient,
Ô ma gazelle, ô ma sultane,
À la démarche pleine de grâce :
Pourquoi baisses-tu les yeux
Chaque fois que je te rencontre ?
Est-ce de la pudeur ? Est-ce de la honte ?
Toi que Dieu a dotée de la beauté de Joseph.
Ô toi qui as le regard de gazelle, dis-moi :
Es-tu un être humain ou bien un ange ?

Tes joues sont éclatantes
Comme l'or, comme l'argent ;
Tes mèches splendides
Sont des lettres d'émeraude ;
Tes yeux rendent fou
Et blessent au cur celui qui les voit !
Tes sourcils, mortels pour les amants,
Sont la cause de mon trépas !
Ô toi qui as le regard de gazelle, dis-moi :
Es-tu un être humain ou bien un ange ?

 

9. Khlas Raml: yâ mouqâbil

Ami, je n'ai plus de patience
Et ma passion est toujours aussi intense.
Celle que j'aime me tourmente sans raison,
Et m'a banni de ses pensées.
Que Dieu me réunisse avec la lumière de mes yeux,
Au grand dépit des espions et des envieux !

Quelle joie ! La chance enfin me sourit :
Mon bien-aimé est ici en ma compagnie !
Je célèbre une fête en son honneur
Laissant nos ennemis dehors à leur douleur.

 

10. Khlas Raml: yâ nâs djarat lî

Bonnes gens, ce qui m'est arrivé est bien étrange,
Vous me plaindriez si je vous le racontais ;
Mes amis m'ont tous abandonné,
Par Dieu, je languis de leur absence !

Dans mon cur, ils laissé des flammes ardentes
Et les larmes ont blessé mes joues.

Ils m'ont laissé fou d'amour, l'âme anéantie ;
J'ai supporté ce que nul ne peut endurer
Si bien que tous ceux qui me rencontrent
S'écrient : pauvre de lui, c'est un amoureux !

Traduit de l'Arabe par Saadane Benbabaali

 

 

Les musiciens:

. Nadji Hamma: ôud (luth)
. Tarik Hamouche: kouitra et kanoun (cithare)
. Youcef Nouar: mandoline et ôud (luth)
. Sid Ahmed Khezradji: violon-alto
. Abdelhalim Guermi: ney (flûte)
. Belkacem Sisaber: tar (tambour sur cadre)
. Mourad Taleb: derbouka

 

La chorale:

. Amina Belouni
. Meriem Boulahchiche

 

Studio Bouabdellah Zerrouki.