La Nouba Raml el maya 2

 

 

 

 Editions PADIDOU

 Ecouter un extrait de cet album

 

 

 

Ce disque comporte les morceaux suivants:

1 . Touchia Raml El Maya
2
. M'saddar: Madhloûm wa mouchtakî
3
. Btayhi: Çabri ka-çabr Ayyoub
4
. Istikhbâr: Ta Allahi mâ tala'at
5
. Darj: Min tilka ad-diyâr
6
. Insiraf 1: Roubba laylin
7
. Insiraf 2: In qarrabou
8
. Insiraf 3: Yâ 'achqin saddiqou
9
. Khlass 1: Lahib chamsi
10.Khlass 2: Al-khila'a ta'jabni
11.Qadriyya: Madhloûm

 

 

2. M'saddar: Madhloûm wa mouchtakî

Victime de ton injustice, au seuil de ta demeure, je suis venu me plaindre;
Mon âme est toujours en peine quand ton image n'est plus auprès de moi;
Il est vrai que, parmi toutes les belles, ton charme est sans égal.

Par Dieu, je t'ai installée, au fond de mon cur, telle une bougie incandescente
Mais tu éteindras les flammes qui me brûlent et, avec l'aide de Dieu, je guérirai.

 

3. Btayhi: Çabri ka-çabr Ayyoub

Rien d'autre (dans ma souffrance) ne peut m'être utile,
Si ce n'est une patience comme celle du (Prophète) Job (1),
Ou alors un dénouement pareil à celui du drame de Jacob. (2)
Ah! Comme je suis épris de mon bien-aimé!
Celui que j'aime ne m'a point rendu visite,
Et à mes plaintes, il est toujours resté sourd.

Ah s'il pouvait m'entendre et accepter de me combler d'un regard attendri !
Malheur à celui qui s'éprend de la voisine qui habite son quartier.

(1) Le Prophète Job (Ayyoub) est connu pour sa patience légendaire
malgré tous les malheurs qui l'avaient frappé.
(2) Le drame de Jacob (Ya'qoub) fut de perdre son fils préféré Joseph (Youssouf)
victime d'un complot de ses frères jaloux.
Et le dénouement fut les retrouvailles avec son fils.
L'amant séparé de sa bien-aimée souhaite donc avoir la patience de supporter son malheur
ou la chance de retrouver un jour sa dulcinée.

 

4. Istikhbâr: Ta Allahi mâ tala'at

Je jure par Dieu que, pas un jour le soleil ne se lève ni se couche,
Sans que j'évoque ton nom lié à chaque souffle sortant de ma poitrine;
Pas un jour, je ne me joins à une conversation,
Sans que tu sois au cur de mes propos avec mes convives.

 

5. Darj: Min tilka ad-diyâr

De nos demeures d'antan, m'est parvenu un parfum subtil
Et tant nos âmes y ont été sensibles
Que, pris d'ivresse, nous avons failli laisser choir nos turbans.
"Nobles gens, me suis-je écrié, qu'est-ce donc que cette joie
Qui nous surprend dans cette assemblée de convives de choix ?
Nous avons la nostalgie de nos réunions de plaisir en Andalousie"
La flamme de ma passion s'est rallumée, ma plaie s'est réouverte,
Et les larmes ont inondé nos joues: le corps est désormais sans âme.
On m'a dit alors : "puisse le Consolateur qui allège toute peine,
Mettre fin au tourment de l'attente."
Je venais alors de quitter Malaga, vidé de mon être,
Car j'avais abandonné mon cur à Grenade,
Que pouvais-je faire, ô mon Dieu ?

 

6. Insiraf 1: Roubba laylin

Souvent, au cours d'une nuit, je rencontrai mon astre
À l'insu des étoiles du firmament
Dieu protégea alors notre nuit (d'amour)
et préserva notre union enfin réalisée
Le Destin et le (maudit) espion étaient alors distraits (de notre bonheur).

Ah! si le jour n'avait point suivi son cours,
Et que Dieu avait empêché l'aube de se montrer.

 

7. Insiraf 2: In qarrabou

Malheur à moi quand ils sont proches,
Malheur à moi quand ils s'éloignent,
Et plus encore quand ils fréquentent d'autres que moi.
Amis de mon cur, vous mon mal et mon remède à la fois,
Soyez cléments et revenez auprès de moi,
Car, plus que tout, je crains l'éloignement.

 

8. Insiraf 3: Yâ 'achqin saddiqou

Ô vous les amants, croyez-moi:
Je suis éperdu et mon être est anéanti,
Car j'aime avec mon âme et j'aime avec mes yeux.
J'ai un cur qui frémit d'amour
Et une âme faite pour supporter la tyrannie;
Une âme qui fond en présence de la bien-aimée.
Quand je rencontre celle que j'aime,
Mon teint pâlit, je deviens couleur de safran
Et mon état dévoile (l'amour) qui m'étreint;
Je pleure et je me plains Sans avoir jamais commis de faute
Contre celle qui a troublé mon esprit,
La belle semblable à La Pléiade.

 

9. Khlass1: Lahib chamsi

Le soleil flamboie parmi les mansions célestes,
Tel de l'or natif en feu.
L'eau vive coule dans les canaux, et, avec mon astre à mes côtés,
Nous remplissons nos coupes
D'un vin subtil et léger, clair et doré,
Alors que le soleil du soir, ostensiblement, se penche vers l'horizon;
Le feu du vin embrase nos sens.
Si douces sont les étreintes, le jour des retrouvailles,
Sous la protection durable du Seigneur.
Echanson, verse-moi à boire sous les frondaisons,
Parmi les canaux d'eau vive.

Remplis ma coupe et verse à boire à mes amis;
L'ivresse est si douce parmi les frères.
La vie n'est pas éternelle et l'existence n'est heureuse
Que si le bien-aimé est présent parmi nous.

 

10. Khlass 2: Al-khila'a ta'jabni

Boire et être ivre sans pudeur, tel est mon plaisir
Parce que je suis un homme passionné;
Il ne sert à rien de blâmer celui qui refuse d'obéir;

Laissez-moi donc mélanger les coupes avec ma bien-aimée.
Viens, mon amour, viens partager mon plaisir,
Mon cur n'accepte ni peine ni soucis

Laissez-moi donc mélanger les coupes avec ma bien-aimée,
Dans une alcôve en pierres précieuses, entouré de belles demoiselles,
Avec ma bien-aimée à mes côtés, splendide comme une mariée.
Viens, mon amour, viens partager mon plaisir;
Mon cur n'accepte ni peine ni soucis

 

11. Qadriyya: Madhloûm

Je subis injustement son éloignement,
Quand se rapprochera-t-il ?
Cela fait si longtemps que dure ma souffrance;
Le cur en peine, je suis triste et malheureux,
Même le sommeil m'est devenu illicite;
Il est vrai qu'un brasier consume mon cur,
Et je n'ai pas trouvé d'issue à mon infortune.

 

Traduit de l'Arabe par Saadane Benbabaali
Janvier 2015

 

Les musiciens:

. Nadji HAMMA: Oud
. Mohamed El Amine BELOUNI: Oud
. Djamel KEBLADJ: Alto
. Abdelhadi BOUKOURA: Alto
. Youcef NOUAR: Mandoline
. Rafik SAHBI: Qanoun
. Halim GUERMI: Ney
. Haroun CHETTAB: Rebab
. Sofiane BOUCHAFA: Derbouka
. Khaled GHAZI: Tar

et Beihdja RAHAL à la Kouitra.

 

Enregistrement numérique : Studio H (Déc 2014)
Ingénieur du son : Walid Nachef
Direction artistique : Beihdja Rahal
Traductions de la poésie : Saadane Benbabaali
Photos : Zouhir Guellati
Conseils : Hakim Benouali
TT : 77'50"

Remerciements à Air Algérie