Beihdja Rahal au TNA : Belles nuances de tons et de couleurs

     
     
 

Un concert de musique andalouse a été animé, dans la soirée de samedi, par la chanteuse Beihdja Rahal au Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi (TNA). L'artiste a proposé au public «Noubet Mezdj Dil-Mdjenba», son 29e  opus récemment sorti et quelques pièces dans le genre madih et Hawzi.

Dans une ambiance conforme aux atmosphères solennelles du mois de Ramadhan, l'icône de la musique arabo-andalouse a offert au public un voyage musical inoubliable. Dès son entrée sur scène drapée dans une élégante robe traditionnelle, l'artiste a capté l'attention du public.

Accompagnée par un ensemble de musiciens  dont El Hadi Boukoura au violon alto, Hamma Hadji au luth, elle a donné vie à la Nouba Mezdj Dil Mdjenba avec une précision et une sensibilité, remarquables.

Chaque mouvement, chaque note, chaque improvisation vocale semblait habitée par une passion profonde pour la musique andalouse. La voix tantôt puissante, tantôt douce, se mêlait aux instruments pour créer une symphonie envoûtante qui résonnait dans les curs des spectateurs.

Dans une ambiance sereine et apaisée, Beihdja Rahal a su orner les silences, en créant un sentiment de béatitude chez les spectateurs qui ont savouré, dans la sérénité et le bien être, tous les moments du spectacle, judicieusement construit sur les belles nuances des tons et des couleurs de cette musique savante, entre Inqilabet, H'waza, Madihs et Aroubi, notamment.

Parmi les pièces entonnées par l'artiste, avec une voix présente et étoffée, à la tessiture large,«Zarni el malihwahdou», «Moudhbadet», «Kaliftou bi badrin», «Akhdamlisaadi», «inchakawta L'hawa», «Saber men ketretlem'wadjaâ», «AmchiyaRassoul», «Salla Allah aâla Mohamed, sidaâbed Allah», «Koulnourmen'Nour El Hachemikmel» et «Ida dakasadri».

Le public, subjugué par la beauté et la profondeur de la musique, a ponctué la prestation de l'artiste par des applaudissements nourris et des standing ovations.

Les sonorités relevées des instruments à cordes rappellent la noblesse de la musique andalouse et la beauté mélodique, «aux traits classiques et universels» de ses airs entraînants et prolongés, lesquels, de l'avis d'un spectateur, musicien et connaisseur en la matière, «s'ouvriraient bien -malgré les normes conservatrices bien établies de cette musique savante- sur de belles distributions harmoniques».

Dans une atmosphère empreinte de spiritualité, créée entre autre par un éclairage de «qaâda andaloussia», élément d'une scénographie traditionnelle de circonstance, faite notamment, de portes orientales disposées de part et d'autre de la scène, dotées d'auvents (Petit toit en saillie), de tambours (heurtoirs) et d'un haut en arc, avec au dessus, des petites fenêtres derrières des grilles, la cantatrice a déployé un programme qui «découlait de source», car en naturelle adéquation avec le ton ramadhanesque de la soirée.

Dans le respect des préceptes et des normes régissant ce genre d'expression relevé que lui ont transmis ses maîtres, Mohamed Kheznadji et Aderrezak Fekhardji notamment, Beihdja Rahal avait déclaré qu'elle «n'entendait travailler au studio que sur la Nouba», tout en s'ouvrant, bien évidemment, sur «les autres genres andalous lors des réceptions ou des diverses cérémonies» qu'elle anime également.

Il y a lieu de rappeler que Beihdja Rahal est attendue, ce lundi, à la Maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi-Ouzou.

 

Walid Souahi & APS
"HORIZONS" dimanche 31 mars 2024